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19/01/2013

L'aube (7)

         Dans quelques jours, publication des Dix Commandements, qu’il faut appliquer, pour une belle réussite éditoriale. Si vous êtes auteur, prenez-en de la graine ! Sinon, communiquez cette grande nouvelle à vos amis auteurs. 

 

L’aube (7)

      Déterminé à éprouver ce risque, tel le zélateur qui va se purifier dans les eaux du fleuve sacré, l’aventurier dans cette manne providentielle plongea la tête. De cette poussière bénite, Unha Piness s’emplit les mains, puis s’en badigeonna le visage, le cou et même les cheveux, afin de ne rien négliger qui pût le blanchir. Dans la rue sortit l’enfariné, certain de provoquer une extraordinaire nouveauté, celle de n’être remarqué de personne.

    Hélas, l’imprévoyant n’avait pas pour habitude d’écouter le bulletin de santé du temps ; or, les gourous des caprices météorologiques avaient prédit que soufflerait le blizzard de la délation. Une rafale de vent dispersa le dépôt superficiel.

  Ces moyens mécaniques ayant échoué, l’opiniâtre résolut de ne plus sortir qu’après le crépuscule, et de ne rentrer chez lui que juste avant l’aube. Parmi les ombres, ses sœurs, il fondrait son hypothétique humanité.

    L’inconvénient majeur de ce procédé, c’était que partout Unha Piness rencontrait les obstacles des réverbères, qui étalaient leurs pièges lumineux, lesquels, en le happant, le dénonçaient à la vindicte sournoise des décolorés. Aux avenues tapageuses et éblouissantes, l’ectoplasme préféra les rues peu ou mal éclairées.

   Le fuyard aurait aimé s’intégrer aux murs et devenir béton mais, dans cette matière trop pâlotte, sa forme se serait détachée, comme un anachronisme ; le rôle de poutrelle d’acier, soustraite à l’inquisition des yeux blancs, lui aurait mieux convenu, mais, pour cela, Unha Piness n’avait pas encore acquis la dureté que confèrent les années.   

   Talonné par l’espoir de disparaître, le maudit s’aplatissait, se ratatinait, se rencognait dans les moindres refuges autorisés par la rue : portes cochères, alignements d’automobiles, entassements de poubelles… Hélas ! Quoi qu’il fît, la noirceur du transfuge éclatait sur la toile trop pâle de la nuit citadine, fabriquée par les Blancs, pour y mieux discerner les Noirs, réputés assassins potentiels.

Nouvelle extraite de Voyage au Pays d’Haysitrabdu,19 nouvelles fantastiques, 140 pages, 12 Euros, frais d’envoi offerts. 

10:40 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

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