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28/03/2013

Le cordon bleu (4)

Le cordon-bleu (4)

 

    Germaine Ducasse alla ouvrir l’huis de son logis. Les deux canidés ennemis ne s’étaient pas entredéchirés, mais la figure cléricale affichait la glaciale détermination d’être peu civil, tandis que sur le visage laïque affleurait la hargne de la bête prise dans les rets du chasseur.

    « Ah, quelle chance ! Vous arrivez en même temps ! Ça m’évitera de retourner ouvrir. Entrez donc, Messieurs. Ah, merci, M. Le Brahz pour le bouquet ! C’est très gentil à vous, mais il ne fallait pas vous mettre en frais. Laissez moi prendre vos pardessus. Je vais les accrocher là. Vite, allons dans la cuisine, où il fait meilleur que dans le corridor. »

    Le mot « pardessus » ne s’applique pas de façon exacte aux vêtements portés par Citrin et Le Brahz. Le prêtre appelle justement le sien « paletot », le second nomme sa peau de mouton retournée, largement évasée vers le bas et garnie de fils de couleurs pour l’égayer, manteau ou, plaisamment,  « pelisse ». La longueur assez peu professorale de sa chevelure, jointe à l’excentricité du vêtement digne d’un hippie, lui ont valu, lorsqu’une fois il patientait à l’arrêt d’autocar, de subir un contrôle d’identité. Ces Messieurs de la maréchaussée furent éberlués de découvrir, sous l’apparence de ce vagabond nécessairement suspect, la personne du jeune professeur d’Anglais du collège Le Rédempteur.

   

(Extrait de Entre muraille et canal, roman). 

10:16 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0)

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