Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/05/2014

La peur 6

La peur 6

 

«  - Quand est-ce que ça finira, tout ça ? Gaspiller l’argent du ménage avec une bande de poivrots ! Tu n’as pas un gramme de dignité ! Pauvre loque, chiffe molle, bon à rien sauf à lever le coude ! Comment ai-je pu me lier avec ça ? J’aurais mieux fait d’écouter mes parents, qui m’avaient avertie que ça finirait mal !  Et me laisser faire une ribambelle d’enfants, par-dessus le marché ! J’aurais dû t’empêcher de me toucher, après la naissance de Laure ! Un enfant malheureux suffisait bien ! Ah, si seulement tu pouvais crever, nous vivrions  plus heureux !

             - Raymonde, sois plus libérale, laisse-moi vivre, j’ai ben l’droit de voir les copains, tout d’même ! Tu m’interdis tout ! Quand l’homme travaille, faut ben qu’il s’offre des p’tits plaisirs ! » 

   

 

 

09:02 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0)

24/05/2014

La peur 5

La peur 5

 

Georges tremble. Son corps vibre, les dents claquent, les genoux s’entrechoquent, les membres se convulsent. De violentes crispations mordent muscles et entrailles. Vers le palais, rampe la nausée, d’abord sournoise, puis conquérante et incoercible, jaillit entre ses dents. Des lèvres suinte une bave amère. Si la nuit se montre avare d’étoiles, si la lune s’est absentée, la tapageuse obscurité le menace encore plus. Georges appelle au secours, non pas la mère, qui ne l’entendra pas, tant elle s’assourdit de hurlements  d’amertume, contrastant de tragique façon avec les gémissements paternels :

     

 

 

 

 

 

09:16 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2014

La peur 4

La peur 4

 

 La maison étant située à l’extrémité d’un cul-de-sac nommé « Impasse de la Forêt ». Le budget de la commune, trop étriqué, n’avait pas permis que la rue bénéficiât de l’éclairage sur toute sa longueur.  L’ultime réverbère s’était arrêté cinquante mètres avant le foyer des Marlase, comme intimidé par la proximité des champs. La chambre, au garçonnet solitaire et terrifié, paraissait immense. Elle occupait, en effet, la moitié du premier étage. De l’autre côté du palier, on passait dans la salle de bain. De là, une porte donnait accès au couloir, lequel menait au débarras, pièce  dépourvue de fenêtre, bourrée d’un fatras poussiéreux, où même la plus maternelle des chattes n’aurait pu trouver ses chatons, après les y avoir elle-même cachés.

 

    

09:14 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0)