04/08/2014
mon père disait 7
« Mon père disait… » (7)
Bénie soit la lenteur de la barque, même munie d’un moteur. Grâce à cela, la ville de Bruges défile au rythme désirable pour les yeux des touristes, diaporama de la réalité, dans laquelle nous ne jouons plus que rôle de figurants. Comme tous les hauts lieux du tourisme, Bruges assume ses apparences de théâtre, véritable rêve architectural, où chacun admire tel ou tel charme, telle ou telle fioriture, qui nous parlent de siècles pour nous obscurs parce que lointains, où nous avançons à tâtons.
Le clapotis souligne l’habituel méli-mélo de langues. L’enregistrement flamand, traduit dans les trois principales langues européennes, nous donne une introduction à ce qui serait, si nous avions le temps d’approfondir, la connaissance exacte et fine de la ville. Pour ma part, j’aurai besoin de voir les noms écrits, afin de peut-être m’approcher de l’essence du lieu. A Saint-Cyr, je poursuivrai l’étude, documentation à l’appui.
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22/07/2014
Mon père disait 6
« Mon père disait… » (6)
Ceci dit, le balèze aux allures de primate va câliner sa fillette, assise sur ses genoux pour le temps du trajet. La gamine a déjà trop de rondeurs. Il suffit de voir sa mère, pour savoir quelle ligne de corps elle aura, une vingtaine d’années plus tard.
Certaines portes s’ouvrent au raz de l’eau. A Bruges, mieux vaut ne pas se tromper de côté, pour sortir de chez soi. L’ivrognerie présente ici un danger, ailleurs plus rare. La baignade ne doit pas être des plus agréables…
Comme à Amsterdam, où nous irons quelques jours plus tard, certains des ponts descendent si bas sur l’eau qu’il suffirait parfois de lever le bras pour presque effleurer le tablier. Celle ou celui qui se dresserait alors voudrait en finir avec la survie.
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21/07/2014
Mon père disait 5
« Mon père disait… » (5)
Je ne contesterai pas la beauté de l’architecture brugeoise, mais des canaux se dégage par endroits une nauséeuse pestilence, assez en accord avec l’humeur de ces guichetiers, qui ratèrent la vocation de gardiens de prison.
La barque est trop chargée à bâbord. Un couple d’obèses au parler rauque et guttural rétablit l’équilibre. Avec deux ou trois touristes, j’échange des sourires narquois. N’allons pas au-delà : se frotter au gorille, qui vient de poser son énorme séant sur le banc, serait synonyme de cassage de figure.
Vêtu d’un maillot sans manche, il exhibe des bras gros comme mes cuisses ; toute la peau visible, dans l’échancrure du maillot, sur la poitrine et le dos mais aussi les bras, présente une affreuse collection de tatouages aux motifs cauchemardesques, visibles même sur le poitrail, malgré l’abondante pilosité.
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