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06/11/2013

La conférence 14

La conférence (14)

 

   Maintenant, l’émule des philosophes de la Grèce antique, bien que n’ayant plus rien de l’éphèbe ou de l’adonis (si tant est que la Nature lui conféra jamais les qualités de l’un ou de l’autre) minaude à l’adresse de sa formidable mascotte :

    «  Notre Vénérable Doyen ne s’est point fourvoyé lorsque, inspiré par les Dieux de l’Olympe, entre mille candidats pour le poste d’appariteur et de videur, sur ta musculeuse personne il jeta son dévolu ! La seule vue de ton ombre, massive et robuste, sème panique et déroute parmi les groupuscules extrémistes, de gauche et de droite, rétablissant l’ordre et la paix, l’étude et la réflexion, dans nos amphithéâtres. Gloire à Zorba, mon gorille chéri ! Hosanna au plus profond des enfers !»

   

Nouvelle extraite de Au creux du Styx, en vente sur ce blog.

 

 

 

 

 

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05/11/2013

La conférence 13

 

 

 

   Avec une voix pleine d’emphase, l’enjuponné s’adresse aux squelettes :

    «  Osons poser, mes amis sans visage, en pure objectivité intellectuelle, l’essentielle question : Socrate et Platon, à l’image de votre époque et de votre nation,  fûtes-vous pédérastes ? Rien ne nous interdit de le supposer. Si tel fut le cas, au nom de quel postulat moral, pour la sauvegarde de quelle éthique, devrions-nous nous priver d’orgasmes postérieurs et néanmoins irremplaçables ? »

    Les squelettes, le majordome y compris, applaudissent avec vivacité la très lascive harangue. Afin de se gratter les hanches, la femelle alcoolique retrousse la longue robe, dévoilant avec impudeur son intime ossature. Les classes sociales supérieures donnant l’exemple, bon au mauvais, la soubrette imite sa maîtresse et soulève sa jupe jusqu’au-dessus des hanches. Le majordome et le valet lorgnent la fort peu affriolante exposition. Certainement peu contaminé par la maladie nommée « jalousie », le mâle en queue-de-pie ne condescend pas à regarder sa compagne de caveau, sa fidèle amie mais peut-être infidèle moitié dans la pestilence et la décomposition.    

   

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04/11/2013

La conférence 12

La conférence (12)

 

    La porte, par laquelle était apparu le clown, s’ouvre avec fracas, comme si bousculée par une tornade. La lugubre mélodie cesse. La remplace la chanson paillarde et contestatrice évoquée plus tôt. Dans l’amphithéâtre se montre le nouvel acteur. C’est un gorille, vêtu d’un costume trois pièces en alpaga, gris perle aux fines rayures noires. La cravate, en soie naturelle couleur framboise, se détache de façon gourmande sur la chemise, blanche comme chantilly. Des mocassins marron clair, en cuir de crocodile, parachèvent l’élégance londonienne de ce primate, probablement fort distingué.

    Le philosophe sautille de joie, sinon juvénile, du moins jouissive. Autour de ses joyaux jubile sa jolie jupette. Le nouvel arrivant admire la souplesse du Penseur, et dépose sur l’estrade la mallette en cuir noir, qui doit contenir de sérieux dossiers d’affaires.

   

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